La notion de « finance LTM » (Last Twelve Months) revient partout dans les analyses financières, sans toujours être expliquée clairement. Vous verrez ici, de façon directe et concrète, à quoi sert le LTM, comment il se calcule, et comment l’utiliser dans vos décisions financières ou vos analyses de valorisation. L’objectif est que vous puissiez lire, produire ou challenger un tableau financier LTM sans hésitation.
Finance ltm et indicateurs clés expliqués simplement
Le LTM, ou Last Twelve Months, est utilisé par les analystes, investisseurs et dirigeants pour suivre la performance financière récente avec plus de précision qu’un simple exercice comptable. Avant d’entrer dans les calculs complexes, il est utile de clarifier ce que recouvre réellement ce concept et en quoi il se distingue des autres périodes de référence.
Comment définir concrètement le LTM en finance et en analyse de performance
Le LTM (Last Twelve Months) désigne les données financières couvrant les douze derniers mois glissants, à une date donnée. Contrairement aux chiffres d’un exercice clos, il met l’accent sur la performance la plus récente, indépendamment de la date de clôture comptable. Concrètement, si vous analysez une entreprise en mars 2025, le LTM couvre la période d’avril 2024 à mars 2025.
On l’utilise pour analyser le chiffre d’affaires, l’EBITDA, le résultat net ou les flux de trésorerie sur une base réellement actuelle. Par exemple, une société comme TotalEnergies ou BNP Paribas sera évaluée sur ses résultats des douze derniers mois, ce qui donne une vision plus fidèle de sa performance qu’un exercice fiscal clôturé il y a six mois.
LTM, TTM, NTM, annualisé : décrypter un jargon souvent source de confusion
LTM et TTM (Trailing Twelve Months) désignent, dans la plupart des usages, la même chose : les douze derniers mois réalisés. Vous rencontrerez ces deux termes de manière interchangeable dans les présentations d’investisseurs ou les rapports de banques d’investissement.
NTM (Next Twelve Months) renvoie aux douze prochains mois prévisionnels, souvent issus d’un business plan ou du consensus d’analystes. C’est une projection, pas une mesure historique. Les données « annualisées » partent d’une période partielle, par exemple un trimestre, extrapolée sur douze mois, ce qui n’est pas équivalent à un véritable LTM. Si une entreprise réalise 50 millions d’euros de chiffre d’affaires au T1, les données annualisées seraient de 200 millions, mais cela ignore toute saisonnalité ou variation d’activité.
| Indicateur | Définition | Usage typique |
|---|---|---|
| LTM / TTM | 12 derniers mois réalisés | Valorisation, multiples boursiers |
| NTM | 12 prochains mois prévisionnels | Projections, business plan |
| Annualisé | Extrapolation d’une période partielle | Tendances rapides, startups |
Pourquoi les investisseurs privilégient-ils le LTM pour lire la performance récente
Les investisseurs apprécient le LTM car il reflète la dynamique actuelle de l’entreprise, y compris les derniers trimestres publiés. Il permet de lisser les effets saisonniers en comparant des périodes complètes de douze mois plutôt qu’un seul trimestre. Un retailer comme Carrefour ou LVMH, avec des pics d’activité en fin d’année, verra ses résultats mieux représentés sur douze mois glissants.
Dans les discussions de valorisation, baser les multiples sur le LTM limite aussi l’impact d’événements ponctuels sur un seul trimestre. Une opération de cession d’actifs ou une charge exceptionnelle seront diluées sur une période plus longue, offrant une meilleure base de comparaison entre entreprises.
Calculer le LTM et construire des indicateurs financiers fiables

Une fois le concept clarifié, la question clé devient « comment calculer le LTM correctement ? ». Les méthodes varient légèrement selon que vous partez de comptes annuels, trimestriels ou semestriels, mais la logique reste la même.
Comment calculer un LTM à partir de données trimestrielles publiées en bourse
Pour un groupe coté publiant des comptes trimestriels, le LTM d’un agrégat (chiffre d’affaires, EBITDA, etc.) se calcule en additionnant les quatre derniers trimestres glissants. Par exemple, au T3 2025, vous additionnez T4 2024, T1 2025, T2 2025 et T3 2025.
Prenons un exemple concret : si une société comme Airbus publie un chiffre d’affaires de 12 milliards au T4 2024, 11 milliards au T1 2025, 13 milliards au T2 2025 et 12 milliards au T3 2025, le LTM au T3 2025 sera de 48 milliards d’euros. Cette approche est simple, mais suppose que les données trimestrielles soient complètes et comparables.
Méthode de calcul du LTM à partir d’un dernier exercice annuel et des périodes intermédiaires
Si vous disposez du dernier exercice annuel clôturé et d’états intermédiaires, vous pouvez reconstituer un LTM en remplaçant les anciens trimestres par les nouveaux. Concrètement, on part du chiffre de l’exercice N-1 puis on soustrait les périodes N-1 devenues obsolètes et on ajoute les périodes N déjà réalisées.
Imaginons une entreprise avec un exercice clos au 31 décembre 2024 à 100 millions d’euros de revenus. Au 30 juin 2025, vous avez les données du S1 2025 (52 millions) et du S1 2024 (48 millions). Le LTM au 30 juin 2025 sera : 100 – 48 + 52 = 104 millions d’euros. Cela permet de mettre à jour le LTM au fil de l’année, même sans comptes trimestriels détaillés.
Quels ajustements prévoir pour un LTM pertinent en finance d’entreprise
Dans la pratique de la finance d’entreprise, on ajuste souvent le LTM pour exclure les éléments non récurrents : litiges exceptionnels, restructurations, cessions ponctuelles. Il est également fréquent d’intégrer pro forma des acquisitions ou désinvestissements majeurs, pour refléter la structure actuelle du groupe.
Par exemple, si Schneider Electric acquiert une société en février 2025 représentant 500 millions de revenus annuels, un LTM non ajusté ne refléterait que quelques mois de contribution. Un LTM pro forma intégrerait les douze mois complets de l’acquisition comme si elle avait été détenue toute l’année. L’idée est de produire un LTM qui soit à la fois fidèle aux comptes publiés et représentatif de la performance normalisée.
Utiliser le LTM dans la valorisation, les multiples et l’analyse financière

Le terme « finance LTM » apparaît surtout dès que l’on parle de valorisation d’entreprise, de multiples boursiers ou de dette. C’est là que le LTM devient un outil central pour comparer des sociétés, suivre des covenants ou évaluer un deal de M&A.
Comment les multiples LTM (EV EBITDA, PER) structurent la valorisation d’une entreprise
Dans les transactions M&A et l’analyse boursière, les multiples de type EV/EBITDA LTM ou PER LTM sont les plus utilisés. Ils comparent la valeur d’entreprise ou la capitalisation boursière à la performance réalisée sur les douze derniers mois. Cette approche permet de rapprocher des sociétés de tailles ou de saisons différentes, tant que le LTM est calculé de façon homogène.
Si Saint-Gobain affiche une valeur d’entreprise de 30 milliards d’euros et un EBITDA LTM de 5 milliards, son multiple EV/EBITDA LTM est de 6x. Ce ratio devient un outil de comparaison avec d’autres groupes du secteur des matériaux de construction, comme LafargeHolcim ou CRH. Un multiple inférieur peut indiquer une sous-valorisation ou des risques spécifiques.
Finance d’entreprise : interpréter un ratio dette nette sur EBITDA LTM en pratique
Le ratio dette nette / EBITDA LTM est une mesure clé du levier financier pour les banques et les investisseurs. Il rapporte l’endettement net à une capacité bénéficiaire annualisée récente, ce qui donne une idée de la soutenabilité de la dette.
Une augmentation brusque de ce ratio peut traduire une dégradation de la performance ou un recours accru à la dette pour financer la croissance. Par exemple, si Sodexo passe d’un ratio dette nette/EBITDA LTM de 2x à 3,5x en six mois, cela peut signaler une acquisition importante ou une baisse des marges opérationnelles. Les covenants bancaires fixent souvent un seuil maximal (3x ou 4x selon le secteur) à ne pas dépasser.
Comment le LTM aide à lire les tendances de croissance et de rentabilité sur douze mois
En observant l’évolution du chiffre d’affaires ou de la marge LTM, vous suivez des tendances sur douze mois plutôt qu’un simple trimestre isolé. Cela limite les effets de calendrier, de saisonnalité ou d’opérations exceptionnelles de courte durée.
L’analyse des séries LTM permet ainsi d’identifier plus finement un retournement de cycle ou une amélioration durable des marges. Si Renault voit son EBITDA LTM progresser de manière régulière depuis trois trimestres consécutifs, cela suggère une dynamique solide, au-delà d’un simple effet ponctuel lié au lancement d’un nouveau modèle.
Limites, pièges fréquents et bonnes pratiques autour du LTM
Le LTM donne une image plus fraîche de la performance, mais il n’est pas magique. Mal utilisé, il peut masquer des retournements récents, des effets de base ou des changements de périmètre.
Dans quels cas le LTM peut-il donner une image trompeuse de la performance
Le LTM peut lisser des chocs très récents, positifs ou négatifs, qui ne se reflètent encore que sur un trimestre. Lors d’une forte saisonnalité, un LTM mal interprété peut aussi faire croire à une stabilité alors que la visibilité reste faible.
En cas de changement de périmètre important, un LTM non ajusté mélange des réalités économiques différentes. Si Danone cède une division représentant 20% de son chiffre d’affaires en janvier 2025, un LTM calculé en février 2025 inclurait encore onze mois de cette activité désormais cédée, faussant l’analyse de la performance actuelle.
Bonnes pratiques pour présenter des indicateurs LTM à des investisseurs ou prêteurs exigeants
Lorsque vous présentez des chiffres LTM, explicitez toujours la méthode de calcul, les périodes couvertes et les principaux ajustements. Il est utile de rapprocher les agrégats LTM des comptes publiés (annuels ou semestriels) pour montrer la traçabilité des données.
En pratique, un simple tableau de passerelle entre l’exercice clos et le LTM renforce fortement la crédibilité de votre analyse. Par exemple :
| Élément | Montant (M€) |
|---|---|
| Chiffre d’affaires exercice 2024 | 500 |
| – S1 2024 | (240) |
| + S1 2025 | 260 |
| = Chiffre d’affaires LTM juin 2025 | 520 |
Comment combiner LTM, prévisions et données historiques pour une vision équilibrée
Le LTM ne remplace ni l’historique long terme ni les projections à venir : il les complète. Vous gagnez en pertinence en mettant en regard LTM, séries annuelles passées et NTM (Next Twelve Months) issues du budget ou du plan.
Cette mise en perspective aide à distinguer un rebond conjoncturel d’un véritable changement de trajectoire structurelle. Si Orange affiche une progression LTM de 3% mais que les prévisions NTM tablent sur 5%, cela peut indiquer une accélération prévue de la croissance. À l’inverse, un LTM en hausse avec un NTM en baisse suggère un ralentissement imminent. Croiser ces trois dimensions (historique, LTM, prévisionnel) vous permet de construire un diagnostic financier complet et nuancé.
En finance d’entreprise comme en analyse boursière, le LTM est devenu un standard incontournable. Il offre une lecture actualisée de la performance, limite les biais calendaires et facilite les comparaisons entre sociétés. À condition de le calculer avec rigueur et de le contextualiser correctement, il devient un outil puissant pour éclairer vos décisions d’investissement, vos négociations de financement ou vos présentations aux parties prenantes.
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