Ouvrir un PER à la retraite peut sembler paradoxal au premier abord. Pourtant, cette stratégie trouve sa pertinence dans certaines situations bien précises. Si vous percevez encore des revenus élevés au début de votre retraite, si vous avez vendu un bien immobilier ou touché une prime importante, le PER peut vous permettre de réduire votre fiscalité immédiate tout en préparant un complément de revenus futur. L’essentiel réside dans la compréhension fine des mécanismes fiscaux, des options de sortie et de votre situation patrimoniale globale. Ce guide pratique vous aide à déterminer si cette démarche correspond vraiment à votre profil et comment l’exploiter au mieux.
Clarifier l’intérêt réel d’un PER quand la retraite approche
La question de l’ouverture d’un PER à la retraite suscite souvent des interrogations légitimes. Beaucoup pensent qu’il est trop tard pour profiter de ce dispositif une fois l’activité professionnelle terminée. La réalité est plus nuancée : l’intérêt dépend principalement de votre situation fiscale actuelle, de vos revenus et de vos objectifs patrimoniaux. Un retraité qui perçoit des revenus fonciers importants, des dividendes conséquents ou une pension élevée peut trouver dans le PER un outil pertinent pour optimiser sa fiscalité. À l’inverse, une personne dont les revenus ont fortement chuté au moment du départ en retraite aura peu d’avantages à franchir le pas.
Peut-on encore ouvrir un PER quand on est déjà à la retraite ?
La législation française autorise parfaitement l’ouverture d’un Plan d’Épargne Retraite même après avoir liquidé ses droits à la retraite. Aucune limite d’âge n’est imposée pour souscrire ce type de contrat. La seule condition préalable est de disposer de revenus imposables permettant d’alimenter le plan et de bénéficier potentiellement de la déduction fiscale. Vous pouvez donc tout à fait ouvrir un PER à 65, 70 ou même 75 ans si votre situation le justifie.
Toutefois, la possibilité juridique ne signifie pas automatiquement pertinence économique. L’intérêt de cette ouverture tardive se mesure au regard de votre fiscalité présente et future, de l’horizon de placement dont vous disposez et de vos besoins de liquidité. Un retraité qui n’a plus que quelques années devant lui pour laisser fructifier son épargne devra peser soigneusement le rapport entre économie d’impôt immédiate et coût fiscal à la sortie.
Dans quels cas l’ouverture d’un PER tardif reste vraiment pertinente ?
Plusieurs profils de retraités peuvent tirer un bénéfice réel d’une ouverture tardive de PER. Les personnes qui perçoivent des revenus fonciers élevés, par exemple issus d’un patrimoine immobilier locatif conséquent, restent imposées dans des tranches marginales d’imposition élevées (30% ou 41%). Pour elles, la déduction des versements sur le PER génère une économie d’impôt substantielle.
De même, un retraité qui vend un bien immobilier ou reçoit un capital important peut avoir intérêt à placer une partie de cette somme sur un PER pour lisser l’impact fiscal. Imaginons une vente générant 200 000 euros de plus-value : plutôt que de subir une taxation concentrée, le retraité peut verser une partie de ce capital sur un PER, déduire ce montant de ses revenus imposables l’année en cours, puis récupérer progressivement les fonds en maîtrisant la fiscalité annuelle.
Enfin, les retraités qui continuent une activité professionnelle à temps partiel, perçoivent des honoraires ou exercent une profession libérale conservent des revenus d’activité qui alimentent leurs plafonds de déduction. Dans ce cas, le PER peut constituer un levier fiscal intéressant jusqu’à la cessation définitive de toute activité.
Comment le fonctionnement fiscal du PER change-t-il après la cessation d’activité ?
Le mécanisme fiscal du PER reste identique avant et après la retraite : les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable dans la limite des plafonds annuels, calculés en fonction des revenus professionnels de l’année précédente. Pour un retraité, ces plafonds dépendent désormais des pensions de retraite perçues, qui sont considérées comme des revenus de remplacement et entrent dans le calcul.
La différence majeure réside dans la proximité de la sortie du PER. Un actif de 40 ans peut laisser son épargne fructifier pendant 20 ou 25 ans avant de la débloquer, bénéficiant d’un long différé d’imposition et de l’effet des intérêts composés. Un retraité de 68 ans qui ouvre un PER sait qu’il devra probablement sortir les fonds dans un horizon de 5 à 15 ans maximum. L’écart de taux d’imposition entre l’entrée et la sortie devient alors l’élément déterminant : si vous êtes aujourd’hui imposé à 30% et que vous sortirez demain dans la même tranche, l’avantage fiscal se limite au gain lié au différé d’imposition, beaucoup moins spectaculaire.
Peser les avantages fiscaux et patrimoniaux d’un PER à la retraite

L’attractivité du PER repose avant tout sur sa dimension fiscale, mais elle ne doit pas occulter les autres enjeux patrimoniaux. À la retraite, l’objectif n’est plus uniquement de se constituer une épargne, mais plutôt de structurer ses revenus, sécuriser un capital ou préparer sa transmission. Le PER peut répondre à ces besoins, à condition de bien comprendre les mécanismes de sortie et leurs conséquences fiscales respectives.
Quels avantages fiscaux concrets espérer en ouvrant un PER retraité ?
Prenons un exemple chiffré pour clarifier les choses. Vous êtes retraité et percevez 60 000 euros de revenus annuels (pensions et revenus fonciers). Vous vous situez dans la tranche marginale d’imposition à 30%. Vous décidez de verser 10 000 euros sur un PER nouvellement ouvert. Cette somme est déductible de votre revenu imposable, ce qui réduit votre base taxable à 50 000 euros. L’économie d’impôt immédiate s’élève à 3 000 euros (30% de 10 000 euros), auxquels s’ajoutent 1 720 euros de prélèvements sociaux évités. Vous récupérez donc environ 4 720 euros d’impôts et de charges.
Cette économie reste toutefois provisoire. Lors de la sortie du PER, vous devrez choisir entre une sortie en capital ou en rente, chacune ayant sa propre fiscalité. En capital, les versements volontaires sont imposés selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu, tandis que les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30%. En rente, la fraction imposable dépend de votre âge au moment du premier versement. L’avantage fiscal net dépend donc de l’écart entre votre taux d’imposition actuel et celui qui s’appliquera au moment du retrait.
Utiliser le PER pour lisser sa fiscalité sur plusieurs années de retraite
Le PER offre une vraie souplesse pour étaler la fiscalité dans le temps. Imaginons que vous receviez une indemnité de rupture conventionnelle tardive de 80 000 euros à 64 ans. Si vous encaissez cette somme sans précaution, elle s’ajoute à vos autres revenus et peut vous propulser dans une tranche d’imposition beaucoup plus élevée pour une seule année. En versant une partie de cette indemnité sur un PER (par exemple 30 000 euros), vous diminuez immédiatement votre revenu imposable et lissez l’impact fiscal.
Vous pourrez ensuite récupérer ce capital progressivement, soit en effectuant plusieurs retraits partiels étalés sur plusieurs années, soit en optant pour une rente qui viendra compléter vos revenus réguliers. Cette stratégie de lissage fiscal est particulièrement utile pour les retraités dont les revenus varient fortement d’une année à l’autre, en raison de ventes immobilières, de cessions de parts sociales ou de perception de capitaux ponctuels.
Complément de revenus, capital ou mix : quels choix de sortie privilégier ?
À la retraite, vous disposez de trois options principales pour récupérer votre épargne PER : la sortie en capital, la sortie en rente viagère ou une combinaison des deux. Chaque modalité présente des avantages et des inconvénients qu’il convient d’évaluer au regard de votre situation.
| Mode de sortie | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|
| Capital | Souplesse totale, possibilité de réinvestir, transmission facilitée | Fiscalité concentrée, risque de gestion du capital, pas de revenus garantis à vie |
| Rente viagère | Revenus garantis à vie, sécurité, fiscalité étalée | Perte de capital pour les héritiers, fiscalité des rentes, rigidité |
| Mixte | Combine souplesse et sécurité, optimisation fiscale possible | Complexité accrue, nécessite un accompagnement |
La sortie en capital convient aux retraités qui souhaitent conserver la maîtrise de leur épargne, réaliser des projets spécifiques (achat d’une résidence secondaire, aide aux enfants) ou intégrer ce capital dans une stratégie de transmission. En revanche, elle expose à une imposition concentrée qui peut être lourde si le montant est élevé et que vos autres revenus restent importants.
La rente viagère sécurise vos revenus jusqu’à la fin de votre vie, sans risque de mauvaise gestion ou d’épuisement du capital. Elle est fiscalement assimilée à une pension de retraite : seule une fraction est imposable, selon un barème qui dépend de votre âge lors du premier versement (30% d’imposition si vous avez moins de 50 ans, 40% entre 50 et 59 ans, 50% entre 60 et 69 ans, et 60% au-delà de 70 ans). Toutefois, le capital investi est définitivement perdu pour vos héritiers, sauf option de réversion.
Bien choisir entre PER et autres placements retraite ou long terme

Le PER ne constitue qu’un outil parmi d’autres dans la palette des placements disponibles pour un retraité. Assurance-vie, comptes-titres, immobilier locatif, épargne bancaire : chaque enveloppe présente ses propres caractéristiques en termes de fiscalité, de liquidité, de rendement et de transmission. Pour déterminer si le PER est adapté, il faut le comparer concrètement aux alternatives et évaluer sa place dans votre stratégie patrimoniale globale.
Quand privilégier l’assurance-vie plutôt qu’un PER une fois retraité ?
L’assurance-vie reste le placement préféré des Français, et pour cause : elle offre une souplesse incomparable. Vous pouvez effectuer des rachats partiels à tout moment, sans justification, et après huit ans de détention, la fiscalité devient très avantageuse avec un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule (9 200 euros pour un couple). La transmission est également favorisée, avec une exonération jusqu’à 152 500 euros par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans.
Pour un retraité qui souhaite conserver un accès libre à son capital, pouvoir aider ses enfants ou petits-enfants à tout moment, ou organiser une transmission optimisée, l’assurance-vie se révèle souvent plus adaptée que le PER. En revanche, si vous recherchez avant tout une économie d’impôt immédiate parce que vous êtes encore fortement imposé, le PER reprend l’avantage grâce à la déductibilité des versements.
Une stratégie couramment adoptée consiste à combiner les deux enveloppes : le PER pour profiter de l’avantage fiscal à l’entrée sur des sommes importantes ponctuelles, et l’assurance-vie pour le reste de l’épargne, accessible à tout moment et optimisée pour la transmission.
PER ou épargne classique : quelles différences concrètes pour un retraité ?
Les livrets réglementés (Livret A, LDDS) et les comptes à terme offrent une disponibilité totale et une sécurité maximale, mais leurs rendements restent modestes (autour de 2,4% pour le Livret A en 2026) et ils ne procurent aucun avantage fiscal. Le PER, de son côté, impose un cadre plus rigide avec un blocage des fonds jusqu’à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé), mais permet d’investir sur des supports plus dynamiques (unités de compte, actions, obligations) avec un potentiel de rendement supérieur sur le long terme.
Pour un retraité, le choix dépend du besoin de liquidité. Si vous devez pouvoir piocher rapidement dans votre épargne pour faire face à des dépenses de santé, des travaux ou des aides familiales, l’épargne classique garde tout son sens. Si au contraire vous disposez déjà d’une épargne de précaution suffisante et que vous cherchez à optimiser fiscalement un capital dont vous n’aurez pas besoin immédiatement, le PER peut constituer un complément pertinent.
Comment intégrer un PER dans une stratégie globale de transmission patrimoniale ?
Le PER peut s’inscrire dans une stratégie de transmission, mais ses règles diffèrent sensiblement de celles de l’assurance-vie. En cas de décès du titulaire avant la liquidation des droits à la retraite, le capital est en principe versé aux bénéficiaires désignés, avec une fiscalité successorale classique (sauf exceptions). Après la retraite, les bénéficiaires peuvent percevoir soit une rente viagère, soit un capital, selon les options prévues au contrat.
La fiscalité successorale du PER est moins favorable que celle de l’assurance-vie, ce qui limite son attractivité pure en tant qu’outil de transmission. En revanche, il peut servir à optimiser la répartition fiscale entre plusieurs générations. Par exemple, vous pouvez utiliser le PER pour générer une économie d’impôt immédiate, puis sortir en capital et réinvestir cette somme sur une assurance-vie pour bénéficier des avantages successoraux de cette dernière.
Un accompagnement par un conseiller en gestion de patrimoine permet de modéliser ces scénarios et d’arbitrer finement entre les différentes enveloppes pour maximiser à la fois l’optimisation fiscale de votre vivant et la transmission optimisée à vos héritiers.
Vérifier si ouvrir un PER à la retraite est adapté à votre situation
La décision d’ouvrir un PER à la retraite ne peut être universelle. Elle repose sur un faisceau de critères propres à chaque situation : niveau d’imposition, espérance de vie, besoins de revenus futurs, objectifs de transmission, appétence pour le risque. Cette dernière section vous propose une grille d’analyse concrète pour trancher en toute connaissance de cause, en tenant compte de votre profil spécifique.
Quels profils de retraités ont réellement intérêt à envisager un PER ?
Les retraités les plus susceptibles de tirer profit d’une ouverture tardive de PER présentent plusieurs caractéristiques communes. Ils perçoivent encore des revenus élevés, qu’il s’agisse de pensions confortables, de revenus fonciers importants ou de revenus d’activité complémentaires. Leur tranche marginale d’imposition reste significative (30% ou 41%), ce qui rend l’économie d’impôt immédiate vraiment intéressante.
Ces profils disposent généralement d’un patrimoine déjà constitué et d’une épargne de précaution suffisante, ce qui leur permet de bloquer une partie de leurs liquidités sans risque pour leur train de vie. Ils peuvent aussi avoir des projets spécifiques à moyen terme, comme financer les études de petits-enfants ou aider leurs enfants à acquérir un bien immobilier, et utilisent le PER comme un outil de lissage fiscal pour préparer ces versements futurs.
À l’inverse, les retraités dont les revenus ont fortement chuté au moment de la cessation d’activité, qui se situent dans des tranches d’imposition faibles (0% ou 11%), n’ont généralement pas d’intérêt à ouvrir un PER. L’économie d’impôt serait trop faible pour compenser la rigidité du dispositif et la fiscalité de sortie.
Questions clés à se poser avant d’ouvrir un PER après 60 ou 65 ans
Avant de franchir le pas, posez-vous quelques questions essentielles. Première interrogation : quelle est la différence entre mon taux d’imposition actuel et celui que j’anticipe dans 5, 10 ou 15 ans ? Si vous pensez que votre fiscalité restera stable, l’avantage du PER sera limité au différé d’imposition et au rendement de l’épargne.
Deuxième question : ai-je réellement besoin de cet argent à court ou moyen terme ? Le PER impose un blocage des fonds, même si des cas de déblocage anticipé existent (achat de la résidence principale, invalidité, surendettement, décès du conjoint, fin des droits au chômage). Si vous prévoyez des dépenses importantes dans les prochaines années, mieux vaut conserver votre capital sur des supports liquides.
Troisième interrogation : comment vais-je sortir de ce PER et quelle sera la fiscalité appliquée ? Réalisez des simulations chiffrées pour comparer l’économie d’impôt à l’entrée et le coût fiscal à la sortie, en fonction des différentes modalités (capital, rente, mixte). Cette projection vous donnera une vision claire du gain fiscal net réel.
Enfin, vérifiez que ce nouveau PER s’intègre bien avec vos contrats existants. Si vous possédez déjà une assurance-vie bien dotée, un patrimoine immobilier conséquent ou d’autres PER, assurez-vous que l’ouverture d’un nouveau plan n’engendre pas de doublon ou de frais de gestion inutiles.
Pourquoi un accompagnement personnalisé reste précieux sur un sujet aussi fin ?
La fiscalité du PER à la retraite fait intervenir de nombreux paramètres interdépendants : plafonds de déduction, tranches marginales d’imposition, prélèvements sociaux, règles de sortie, transmission successorale. Chaque situation est unique et mérite une analyse sur mesure pour éviter les mauvaises surprises et exploiter pleinement les opportunités offertes par le dispositif.
Un conseiller en gestion de patrimoine indépendant ou un expert-comptable peut réaliser des simulations chiffrées précises, en tenant compte de l’ensemble de votre situation patrimoniale et fiscale. Il peut comparer plusieurs scénarios (ouverture ou non du PER, montant des versements, modalités de sortie) et vous aider à arbitrer de manière éclairée. Cet accompagnement est d’autant plus utile que les enjeux financiers sont élevés et que votre situation comporte des spécificités (revenus fonciers importants, activité indépendante, transmission complexe).
En 2026, face à la complexité croissante des dispositifs d’épargne retraite et aux évolutions législatives régulières, s’entourer d’un professionnel compétent et de confiance constitue un investissement rentable pour sécuriser vos décisions patrimoniales et optimiser durablement votre fiscalité.
Conclusion : Ouvrir un PER à la retraite n’est ni absurde ni systématiquement pertinent. Tout dépend de votre niveau d’imposition, de vos revenus, de votre horizon de placement et de vos objectifs patrimoniaux. Si vous êtes encore fortement imposé et que vous disposez de capitaux à placer, le PER peut générer une réelle économie d’impôt et structurer intelligemment vos revenus futurs. En revanche, si votre fiscalité a fortement baissé, l’intérêt devient marginal et d’autres placements plus souples peuvent mieux convenir. Dans tous les cas, une analyse personnalisée et des simulations chiffrées s’imposent pour prendre la meilleure décision possible.
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